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13.09.2007

F.Bayrou effectue sa rentrée Politique

Après s'être tu tout l'été, François Bayrou effectue sa rentrée politique ce week-end, à Seignosse (Landes), où se tient du 14 au 16 septembre un "forum" destiné à jeter les bases du futur Mouvement démocrate (MoDem). L'ancien candidat à l'élection présidentielle (18,57 % des voix) interviendra dimanche en clôture de ces trois jours de travaux où sont attendues plus de 2 500 personnes.

 

Le paradoxe est cruel. Le président de l'UDF s'est hissé au cours de la campagne présidentielle jusque dans le trio de tête, perturbant le duel annoncé entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal. Mais, refusant de passer avec armes et bagages dans le camp du futur vainqueur, il a été abandonné par la quasi-totalité des députés centristes sortants.

Le prix à payer aux législatives a été lourd : en obtenant 7,61 % des voix au premier tour, l'UDF-MoDem ne dispose que de quatre élus à l'Assemblée et se trouve dans l'impossibilité de constituer un groupe.

En dépit de ce revers, M. Bayrou ne dévie pas de la voie qu'il a tracée. Le leader centriste a fait le pari de recomposer de toutes pièces une nouvelle famille politique, d'en réinventer jusqu'à la forme d'organisation.

Dans un long article publié dans la revue Commentaire parue le 13 septembre, intitulé "Du centre au projet démocrate", il expose ce qui, selon lui, en constitue les "piliers".

Refusant de s'inscrire dans une logique droite-gauche – "comme si le seul choix légitime était celui des deux grandes forces dominantes" –, il définit le projet démocrate, non pas comme un entre-deux ou un ni-ni, mais "en contraste et en opposition" avec les deux principaux courants de la vie politique française.

De Nicolas Sarkozy, il estime qu'"il a conduit à son terme le projet de décomplexer une certaine droite française en lui proposant un métissage inédit entre néobonapartisme, pour le mode de gouvernement, et néoconservatisme, pour le projet de société". Du programme socialiste, il condamne le "refus idéologique du réel". Il met quant à lui au cœur du projet démocrate l'"exigence civique".

"CHIMÈRE"

Reste une interrogation majeure, à laquelle même les partisans de M. Bayrou ne sont pas insensibles : dans les institutions de la Ve République et la bipolarisation qu'elle entraîne, y a-t-il une place pour un courant autonome si celui-ci refuse toute forme d'alliance ou de coalition ?

Pour le député européen Jean-Louis Bourlanges, le projet de rupture porté par M.Bayrou relève de la "chimère". Sénateur UDF de la Mayenne et président de la commission des finances du Sénat, Jean Arthuis appelle à sortir d'"une vision messianique qui nourrit les illusions et conduit à l'isolement". Didier Bariani, seul des dix fondateurs de l'UDF, en 1978, à en être toujours membre, refuse la "fuite en avant" que constituerait sa disparition.

Avec ses 45 000 adhésions revendiquées, le MoDem, dont le congrès constitutif devrait avoir lieu en novembre, a vu arriver une nouvelle génération de militants. "On a un problème de moyens, un hiatus avec les élus, mais on a des militants, plus qu'on n'en a jamais eus, qui considèrent qu'ils ont un leader. Ce n'est pas si mal", maintient M.Bayrou.

Objet de toutes les sollicitations, l'UDF-MoDem a désormais en ligne de mire les élections municipales de mars 2008. M. Bayrou entend cependant y tenir "une ligne générale d'autonomie".

Pour ce qui le concerne, pas question, non plus, de céder aux sirènes sarkozystes. S'il se rend à l'Elysée ce jeudi, à l'invitation du chef de l'Etat, ce n'est en aucune manière pour se prêter à une opération de "débauchage".

"Tout le monde voit bien que nous n'avons pas les mêmes valeurs, insiste le député des Pyrénées-Atlantiques. Voir ainsi les gens se précipiter chez le prince parce que le prince décide de tout, ce n'est pas ma conception."

Patrick Roger

 

 

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